Voyager, c'est bien utile.

Rage ! Rage ! Rage !

12 décembre 2009

Déjà vu !

 

eduardo_Monteagudo_Stairway__Montmartre

Eduardo Monteagudo, Montmartre Stairway.

A travers une vie incroyablement marquée par la monotonie, la lassitude, l'uniformité et l'ennui; l'existence parait vaine. Pourtant, on parvient tant bien que mal à se persuader du contraire, voire dans les cas les plus exceptionels, à trouver une fin à cela. La question n'étant pas "comment fait-on" mais plutôt "pourquoi le fais-t-on". La réponse semble évidente pour le prêt-à-penser commun, c'est donc naturellement que je tomberais dans cet écueil. Je n'ai pas d'explication générale ou généralisante à fournir. Je n'ai pas non plus l'intention de faire un procès d'intention à celui qui, en tout bien tout honneur, essaye de donner un sens à son existence. Ce que je maudis, ce que je dénonce c'est l'illusion qu'on entretient joyeusement entre humains de première catégorie.J'ai préféré l'exemple de mai 68 au dépans d'un autre de manière purement arbitraire. J'aurais tout aussi bien pu évoquer le désir latent et humain de voyager pour découvrir. Mais je ne le fais pas puisque cela m'obligerait à remettre en question mes propres idéaux et principes. Je ne suis ni prête, ni encore assez mûre (ou cynique) pour m'y attarder et pour prendre du recul. Parfois, la médiocrité intellectuelle a ses avantages.

 

C'est pourquoi j'irais cracher sur les autres.

 

"  Mai 68, Paris. La foule dans l'unité de la révolte, dans l'espoir du changement, s'avance; poing levés et pavés à l'appui. Ils sont tous jeunes et beaux. Elles portents des jupes, ils portent des jeans troués. Ils fument, boivent, dansent, font l'amour. Ils sont communistes. Ils pourfendent l'ordre établi et exècrent l'autorité quelle qu'elle soit. Ils se foutent des "élections, pièges à cons". Ils pensent êtres les précursseurs d'un nouvel ère; ils sont la génération qui dit non. Ils sont ceux qui bousillent le système, ils le baisent. Ils sont étudiants, intelligents et veulent ouvrir les mannes de la contestation : ils sont, bien entendu, du côté des minorités et des laissés pour compte. Ils sont contre le Viêtnam, contre le modèle Américain. Oui, ils ont des idéaux, ils sont en furis et ils se sentent vivre. Et en plus, ils n'écoutent plus les Beatles mais les Stones. "

Je n'ai pas la moindre envie de me lancer dans une étude sociologique pour différencier le stéréotype ou le cliché du vrai. D'une part parce que je n'en ai pas la prétention, et d'autre part... Pourquoi faut-il toujours se justifier en deux ou trois temps ? Mince, je fais ma révolution.

Mais revenons-en à nos moutons (si l'on crie à l'imposture ou au jeux de mot vaseux, c'est normal).

Il faut prêter attention à ces lignes : ce qui est intéressant, c'est moins le caractère engagé ou spécifique de cet événement que l'image qu'il laisse dans l'inconscient collectif. Autrement dit, cette légende de Mai 68, ne peut être véhiculée que par l'image seule, bien ancrée dans nos esprit : c'est elle, qui entretient l'illusion. Elle existe partout : dans les mots, dans la tête, sur des tableaux... partout elle nous est suggérée. Mais dans ce cas précis, quand elle se met au service d'un concept factice, elle devient très dangereuse. Nous sommes fragiles, en quête de sens, comment ne pas succomber à ces belles images de folie intempestive, de révolution, de gloire ? Strictement conventionnelle, elle est indispensable à nos âmes. Quand on est croyant, on s'imagine au Paradis et, la fin de l'existence est animée par cette image d'Eden. Quand on l'est moins, on a besoin d'autre chose et à tout hasard, je pensais à l'année 1968 en France. Attention je ne dis pas qu'il faut être non croyant pour croire à Mai 68, il ny a rien d'incompatible. Du moins, j'imagine que oui. A propos, l'invention de la TV a été la plus grosse connerie depuis celle du sèche-linge.

N.B : j'aurais pu parler Du fabuleux Destin d'Amélire Poulain, véritable ôde à l'illusion mentale. Mais bon, j'ai adoré ce film.

Posté par Midwest à 02:29 - Permalien [#]